MIGS… quand jouer devient sérieux!

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Un peu de contexte

Le 12 et 13 novembre 2018, le palais des congrès de Montréal accueillait le MIGS (Montréal International Games Summit). Ce rendez-vous incontournable du jeu vidéo, depuis sa création en 2004, permet aux professionnels de réseauter, rencontrer des investisseurs ou encore suivre des séries de conférences et de classes de maîtres sur des thèmes touchant tous les aspects de l’industrie : game design, art, son, gestion de communauté ou encore programmation. Mais les joueurs passionnés ne sont pas en reste, avec une zone exposition permettant de tester les derniers jeux de nombreux studios et même de rencontrer des recruteurs pour les étudiants et nouveaux diplômés de l’industrie.

On retrouvait bien sûr de grosses licences, proposées par des studios québécois, comme Assassin’s Creed Odyssey, dernier né d’Ubisoft Québec ; Call Of Duty: Black Ops 4 version PC présentée par Beenox ou encore de gros studios montréalais spécialistes des jeux mobiles comme Gameloft et Ludia.

Notre coup de coeur : les studios indépendants

Mais là où l’on a vraiment eu notre fun, c’est à découvrir les projets de studios indépendants dans un grand espace dédié qui réunissait plus d’une trentaine d’entreprises.

Parmi nos coups de cœur, King of the Hat, un party game 2D proche du jeu de combat, jouable jusqu’à quatre, drôle et très fun à jouer. Chaque personnage dispose d’un petit chapeau qui sert à la fois d’arme et de vie ! Dans une petite arène, les joueurs se jettent leur chapeau à la face pour attaquer, le but étant de piétiner le chapeau des autres pour les éliminer et être le dernier dans l’arène. Notre personnage préféré : la machine à laver avec un bac à linge sur la « tête ». C’est loufoque, et on aime ça.

 

L’autre party game qu’on a adoré c’est Save your Nuts, premier jeu du petit studio montréalais Triple Scale Games. Il s’agit d’un jeu de capture en équipes, jusqu’à quatre joueurs, où on se dispute la propriété d’une noix dans des niveaux variés allant du petit jardin montréalais à la gare de trains. Les personnages (racoon, chien, écureuil ou castor) ont des caractéristiques de vitesse et d’attaque différentes, mais bien balancées, et la variété des maps et des modes de jeux fait qu’on ne se lasse pas. Le jeu est pour le moment disponible sur Steam, mais devrait sortir sous peu pour Xbox One, PS4, Switch, Mac et Linux

 

Pour les joueurs solitaires amoureux de tactical RPG, on a beaucoup aimé Children of Zodiarcs de Cardboard Utopia, disponible sur steam et PS4. Non, ce n’est pas nouveau, puisque sorti en 2017, mais on adore les jeux de stratégie alors on vous en parle quand même ! Le gameplay mix le classique système de niveau à damier et de tour par tour du genre avec un système de carte et de dés ajoutant une part d’imprévue très rafraichissante. Chaque personnage dispose d’un deck de carte représentant différentes actions possibles (sort, attaque, soins…) dont la puissance et les caractéristiques vont varier en fonction d’un lancer de dé fait par le joueur. L’art du jeu est soigné et les illustrations 2D représentant les personnages sont magnifiques.

 

Enfin, nous avons découvert un jeu plutôt unique, entre shoot’em up et puzzle game, Flowing Lights. Le projet est encore en développement, mais le petit test que nous avons pu en faire était très prometteur. Avec ses couleurs néon, les niveaux couloirs où l’on doit apprivoiser la gravité et réussir à avancer tout en survivant aux ennemis, Flowing Lights devient vite addictif et on a hâte d’en voir !

 

https://store.steampowered.com/app/757820/Flowing_Lights/

Du côté des conférences…

Nous avons eu le plaisir d’entendre des professionnels venus de tous horizons : On a pu écouter aussi bien des développeurs Montréalais nous parler de l’animation dans Shadow of the Tomb Raider ou la création de niveaux dans Flinthook de Tribute Games, que des studios ayant fait le déplacement pour l’occasion avec une session sur le jeu suédois Little Nightmare de Tarsier Studios ou encore les Américains d’Epic Game. De quoi en apprendre sur de nombreux sujets.

Le programme de conférences de cette année montrait également une grosse volonté de la part des acteurs de l’industrie de se diriger vers plus d’inclusivité et moins de toxicité. On retrouvait cette idée en trois formules : dans les entreprises, dans les jeux et dans la gestion de communauté.

Les stratégies de communication

On a entre autres pu entendre, dans le panel «  Toxicity in 2018 – Don’t be afraid to engage with your community », autour de la même table, une universitaire de l’Université d’Illinois spécialisée en communication, étude de genres et women studies, dialoguer avec un responsable des stratégies de communication de chez Riot Game, travaillant notamment sur League of Legends. Je vous laisse imaginer le nombre d’anecdotes qu’il avait à raconter avec un tel travail…

Cette thématique de l’inclusion nous a permis de dialoguer, en marge des conférences avec plusieurs Montréalais engagés dans ces causes. Marion Esquian, développeuse, nous a parlé de l’association pour laquelle elle est coordinatrice : Pixelles. Crée pour les en 2014 avec pour but d’aider les femmes et les personnes marginalisées à faire des jeux et s’intégrer dans l’industrie, les Pixelles comptent aujourd’hui une trentaine de coordinatrices proposant divers programmes comme des mentorats, workshop, ou encore un incubateur de jeu se déroulant tous les ans et qui pour beaucoup s’adressent à un large public, quel que soit leur genre, âge ou parcours.  Marion Esquian note l’importance d‘initiatives comme celles portées par les Pixelles et leur impact sur l’industrie. De plus en plus de compagnies s’efforcent de diversifier le profil de leurs employés, mais aussi des personnages de leurs jeux.

L’inclusion, un business model ?

C’est aussi le constat que fait Osama Dorias, game designer dans l’industrie depuis une dizaine d’années, il est un défenseur de la diversité dans le jeu vidéo et plus particulièrement la représentation des musulmans. Il nous explique que, comparés au début de sa carrière, les studios sont aujourd’hui de plus en plus à l’écoute des minorités aussi bien parmi leurs employés que leur public et, s’efforcent dans leur jeu d’avoir des personnages d’une plus grande diversité, plus authentiques et moins clichés. Mais ne soyons pas naïfs, ceci ne s’explique pas uniquement par un sursaut humaniste, mais surtout par un nouveau business model : faire des jeux qui s’adressent à plus de monde va permettre de vendre plus de jeu, et donc, de faire plus d’argent.

Ce qu’on en retient

Cette cuvée 2018 du MIGS a donc été l’occasion, comme chaque année, de faire de belles découvertes et de faire un état des lieux de l’industrie du jeu vidéo au Québec et un peu ailleurs. Vivant l’année prochaine !

 

 

Sources et liens externes

King of the Hat : https://kingofthehat.com/

Save your nuts : http://triplescalegames.com/index.php

Children of Zodiarc : www.cardboard-utopia.com/le-jeu

Flowing Lights : https://store.steampowered.com/app/757820/Flowing_Lights/

 

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